
Ludovic Cayre n’est pas encore monté sur scène, sous le feu des projecteurs de l’Olympia. Pour la troisième année consécutive, la quatrième après 2013, c’est le néoretraité Mathieu Raynal qui a été élu meilleur arbitre français, ce lundi soir, lors de la 20e édition de la Nuit du rugby. Nommé avec Pierre Brousset, l’heure du Duraquois (35 ans) viendra forcément un jour. Ce n’est pas un hasard s’il a dirigé en juin dernier sa première finale de Top 14. Dans le train pour Paris ce lundi matin, Ludovic Cayre s’est remémoré ses débuts au sifflet et a confié aussi son ambition de devenir arbitre international.
Vous avez été nommé pour le titre d’« arbitre de l’année » lors de la Nuit du Rugby. Que représente pour vous cette distinction ?
C’est surtout une fierté d’être reconnu par ses pairs puisque ce sont les managers, les joueurs et les arbitres du Top 14 qui ont voté. C’est toujours une fierté d’être reconnu par les gens avec lesquels on travaille au quotidien. On ne peut pas être mieux évalué en termes de connaisseurs. Donc bien sûr que ça a encore plus de poids et de valeur. C’est une belle reconnaissance du travail effectué.
C’est quoi pour vous un bon arbitre ?
Un bon arbitre, c’est d’abord quelqu’un qui arrive à passer inaperçu pendant quatre-vingts minutes. C’est quelqu’un qui est cohérent sur quatre-vingts minutes et qui va arriver à faire un très bon tri en termes de management dans la gestion des fautes. Un match de rugby, c’est 200 fautes et on va en siffler entre 15 et 30. Les meilleurs arbitres sont déterminés sur ce paramètre.
Est-ce possible d’être à la fois un bon arbitre et d’être apprécié ?
Il ne faut justement pas chercher à plaire. C’est la répétition des performances qui fait qu’on est apprécié des managers, des joueurs et du grand public. Il faut juste essayer de faire son travail de la meilleure des façons possibles et c’est ça qui plaît.
Votre désignation pour diriger la dernière finale de Top 14, Stade Toulousain – UBB (59-3) au Stade Vélodrome de Marseille, est-elle jusqu’à présent votre meilleure expérience d’arbitre ?
J’espère qu’il y en aura d’autres, mais c’est sûr que c’est la meilleure à l’heure actuelle. C’est ma 19e année d’arbitrage, ma 8e année en Top 14, quand on commence à gravir les échelons, plus les années passent et plus l’entonnoir se réduit, il y a très peu d’élus. Comme les joueurs qui rêvent de toucher le Brennus, notre rêve à nous en tant qu’arbitre est d’arbitrer une finale de Top 14. Ça a été un moment magique dans un lieu unique et magique. J’ai vécu un moment unique, fantastique, et j’espère que ça en appellera d’autres. C’est l’aboutissement et l’accomplissement de plusieurs années de travail. C’est une reconnaissance et une fierté.
Au-delà de cette finale, avez-vous des anecdotes qui ont déjà marqué votre carrière d’arbitre ?
J’ai le souvenir d’un de mes premiers matchs de Pro D2, c’était un Montauban-Lyon un samedi soir. En milieu de seconde période, je mets un warning à une des deux équipes. On joue la 60e minute et à ce moment-là, je me rends compte que j’ai oublié mes cartons, le jaune et le rouge, dans la poche de mon sac dans les vestiaires… Heureusement que je n’ai pas eu à en mettre ! En dix-neuf ans d’arbitrage, ça fait énormément de matchs, j’ai bien sûr un paquet d’anecdotes !
« Avant de penser à la Coupe du monde en Australie, j’ai encore pas mal de marches à franchir »
Une autre ?
Je me souviens notamment de mon premier match en Fédérale 3, c’était un derby basque entre Larressore et l’AS Bayonne. C’était au mois d’octobre, avec de la pluie, de la boue, ça a fini à 5-0 pour Larressore avec deux cartons rouges d’entrée, sur la première action. Ce sont des matchs formateurs ! Ce sont toutes ces histoires et tout ce cheminement qui m’ont permis d’en arriver là où je suis et de diriger une finale de Top 14.
Devenir arbitre international, est-ce désormais votre prochain objectif ?
Exactement. Ça va passer déjà par être désigné sur la tournée de novembre, on aura bientôt les désignations. Ça va passer aussi par des bonnes performances en Coupe d’Europe qui va démarrer sur les deux week-ends de décembre. Mais la première des choses est déjà d’être performant en Top 14 et de continuer cette performance en Champions Cup, ce qui me permettra je l’espère de gravir la marche.
Plusieurs arbitres ont intégré le staff de clubs, à l’image d’Alexandre Ruiz désormais manager de Soyaux-Angoulême. Cela vous tente-t-il ?
Honnêtement, je n’y ai pas encore réfléchi, je ne me projette pas trop à ce niveau. Aller dans les clubs via le plan de la haute performance (lire par ailleurs), c’est quelque chose que je trouve très intéressant et qui me plaît énormément. Donc un jour pourquoi pas, j’y penserai le moment venu. Mais à l’heure actuelle, je suis pleinement concentré et focus sur ma carrière d’arbitre. Je ne suis pas trop vieux encore, je n’ai que 35 ans, donc il me reste encore quelques années d’arbitrage devant moi.
Vous devez plus penser à la Coupe du monde 2027 en Australie…
Oui, bien sûr ! Mais avant de penser à la Coupe du monde en Australie, j’ai encore pas mal de marches à franchir. Si on arrive à en franchir quelques-unes, on verra après si c’est jouable.
Avec du recul, vous dites-vous que votre blessure aux cervicales à 15 ans a finalement été un mal pour un bien et vous a peut-être permis de vivre des choses que vous n’auriez jamais vécues en tant que joueur ?
Totalement. De façon très honnête, j’aurais peut-être joué à un bon niveau [NDLR : il était ouvreur de formation], mais je n’aurais pas joué au niveau auquel j’arbitre. Basculer sur l’arbitrage, ça m’a permis d’en faire mon métier. Mais je n’ai pas l’impression de me rendre au boulot tous les jours. Je m’entraîne, je travaille techniquement et je suis sur les terrains les week-ends. C’est vraiment un métier passion dans lequel je m’épanouis pleinement. Si je ne m’étais pas blessé, je ne sais pas si je me serais mis à arbitrer. C’est pour ça que je dis que c’est un mal pour un bien, ça m’a permis d’en arriver là aujourd’hui. Si je ne m’étais pas blessé, je n’en serais sûrement pas là.
Plan de la haute performance
Des interventions au SU Agen… et ailleurs. Installé à Duras et longtemps responsable qualité dans une usine à Aiguillon, Ludovic Cayre intervient régulièrement auprès du SU Agen depuis plusieurs saisons déjà. Il distille aussi ses conseils à l’US Marmande : « J’habite juste à côté et je m’entraîne souvent à Marmande pour tout ce qui est musculation et courses. C’est assez pratique ! Comme je m’entends très bien avec le manager Julien Bouic, je l’aide dès qu’il y a des petits réajustements sur la règle ou des questions. »
Ses interventions à Armandie sont elles désormais soumises au PHP, le « plan de la haute performance », mis en place conjointement par la FFR et la LNR, qui permet aux clubs de Top 14 et de Pro D2 de demander un arbitre sur un, deux, voire trois jours, suivant leurs besoins. Ça change la donne pour le SUA : « Mes interventions les saisons précédentes n’étaient pas trop réglementées. Mais avec le PHP, ce sont les clubs qui font les demandes quand ils veulent des arbitres et on ne peut donc pas aller tout le temps dans un même club parce que ça s’apparenterait à du « consulting ». Même si je n’arbitre pas Agen parce que c’est mon département de résidence, et que réglementairement ce n’est pas possible, je ne peux pas travailler avec le SUA toutes les semaines. »
Envoyé dernièrement à Pau ou à Clermont, le Duraquois apprécie ces moments d’échanges : « Ça nous permet de travailler avec les clubs et de renforcer les liens. C’est du donnant-donnant. On leur apporte notre connaissance de la règle et ça nous permet d’être au plus proche des managers, des entraîneurs, de co-construire ce projet sur l’arbitrage. Ça nous permet aussi de travailler sur notre connaissance du jeu et de pratiquer même en semaine, d’arbitrer les séances de mêlées, touches, ballons portés, les entraînements à haute intensité… Je pense que c’est du gagnant-gagnant pour tout le monde. »
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