Rugby – 6 nations Les Bleus et l’arbitrage : « Il faut arrêter cette paranoïa », juge un ancien arbitre

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Le sélectionneur, Fabien Galthié, parle beaucoup d’arbitrage depuis la semaine dernière. Avez-vous le sentiment que les Bleus ont été mal arbitrés en Irlande ?

« Je n’ai pas la sensation que la France soit mieux ou moins bien arbitrée que les autres. Il y a des faits de jeu. Forcément, on regarde devant sa porte avant de regarder devant celle des voisins et on a toujours le sentiment que l’arbitre est passé à côté. Alors que parfois, quand l’arbitre explique la situation, on se rend très bien compte qu’il n’y a pas d’erreur d’arbitrage. Donc il faut arrêter cette paranoïa. Même si des erreurs d’arbitrage, il y en a, et il y en aura encore. »

« Tadhg Beirne ne vient pas dans le but de détruire Dupont »

Dans le cas précis de Dupont et Barassi, sortis blessés face à l’Irlande, fallait-il juger plus sévèrement ces actions ?

« Quand vous commencez l’arbitrage, la première chose qu’on vous apprend, c’est de ne pas juger les conséquences. C’est-à-dire qu’on n’est pas là pour juger si un joueur a eu une arcade ouverte ou s’il a un genou dans la boîte à gants, malheureusement, comme ça a été le cas pour Antoine Dupont. Là, l’émotion est encore plus grande parce que on touche à l’enfant du pays, ça décuple les passions et le chauvinisme, et c’est normal. Mais d’un point de vue de la règle, le fait de dire que c’est un accident de jeu est tout sauf déconnant. On voit très bien que l’Irlandais [Tadhg Beirne, NDLR] ne vient pas dans un but de détruire un joueur, et qu’à ce moment-là Dupont est en train de se retirer. Pour moi, on est sur une situation de fait de jeu et malencontreusement une blessure qui arrive derrière. Mais c’est sûr qu’il faut être intraitable avec les prises crocodiles, les joueurs qui viennent délibérément blesser un adversaire. »

« On regarde toujours la conséquence, mais on ne regarde pas pourquoi l’arbitre a sifflé ou non »

Au niveau international, les matches se jouent souvent à rien, et une décision peut faire basculer une rencontre. La France est-elle globalement mal arbitrée dans ces rencontres ?

« Les rencontres basculent toujours sur une décision, mais une décision qui peut venir d’un joueur ou d’un arbitre. On regarde toujours la conséquence, mais on ne regarde pas la cause : pourquoi l’arbitre a sifflé ou non. C’est là-dessus que les équipes doivent se questionner. Les matchs internationaux, comme en Top 14, se jouent sur des détails. Et c’est ce que nous [avec la cellule de haute performance de l’arbitrage mise en place par la Fédération française de rugby et la Ligue nationale de rugby] on essaie de faire toucher du doigt à nos arbitres : leur montrer la moindre incidence que peut avoir sur le résultat un coup de sifflet ou non. »

Galthié a-t-il, selon-vous, raison de mettre la pression avant une rencontre ?

« Ça fait partie de l’intox, de la pression médiatique et de la préparation d’un avant-match avec l’arbitrage on va dire. C’est le rôle des entraîneurs de mettre la pression sur les arbitres en pointant du doigt ce qui n’a pas marché les autres fois. Du point de vue de l’équipe de France, il y a certaines situations ou certains joueurs qui ont été mal arbitrés. De ce fait, ils mettent une pression positive à l’arbitre. Ça a toujours été le cas dans le championnat, et à l’international encore plus. »

« Il y a des arbitres qui ne lisent pas la presse et ne vont jamais sur les réseaux sociaux »

Cela peut-il avoir un effet sur les arbitres ?

« Il y a des arbitres qui ne lisent pas du tout la presse et ne vont jamais sur les réseaux sociaux, donc n’aura aucun effet sur eux. Par exemple, si je prends mon cas je ne m’occupais pas du tout de ce qui se disait dans la presse avant et après mon match, parce que je ne trouvais pas ça constructif. Et puis il y a ceux, qui ont besoin de ça pour se nourrir, pour se construire. C’est plus une pression positive et une augmentation de la concentration. Les arbitres, à ce niveau-là, sont hermétiques à la pression. »

Comment se passent les échanges entre le staff et le corps arbitral en amont du match ?

« On échange les points de vue, on met même des clips à disposition, comme le fait l’équipe de France. Les équipes montrent leur manière de travailler ou ce qu’elles vont utiliser comme combinaison de manière à ce que l’arbitre soit en alerte pour ne pas siffler ou ne pas mal interpréter une règle. L’arbitre aussi envoie des images, en disant « J’ai pointé ça dans vos derniers matchs. Mon but, c’est de ne pas siffler mais mes équipes et moi-même seront alertés là-dessus. » S’ensuit une visio pour échanger. C’est hyper intéressant parce que c’est quand même assez propre à notre sport. »

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