Raconte-moi ton stade. Cette saison, L’Indépendant lance une série pour évoquer les stades qui font le rugby audois, du niveau professionnel, aux séries régionales. Anecdotes, souvenirs, particularités, aujourd’hui, c’est à Lézignan-Corbières et dans son stade du Moulin que nous posons nos valises.
Le FCL existe depuis 1903 mais le stade mythique du Moulin est venu beaucoup plus tard. D’abord c’est route de Cruscades que se jouaient les rencontres dans un champ qui ne ressemblait en rien à un stade. Pour Lézignan il fallait se rendre à l’évidence un terrain devait être trouvé. C’est au lieu-dit « Le Moulin », lieu qui s’appelait ainsi parce qu’il existait deux moulins à moudre le blé l’un à vent l’autre hydrologique tout proche de ce terrain.

Il a été acheté grâce à la participation d’actionnaires. Mais ces actions furent comme l’action Russe « remboursement à La Saint-Glinglin », comme cela s’est dit avec humour quelque temps plus tard. Ce nouveau terrain a été inauguré en octobre 1929 contre le Stade Toulousain. Enfin terrain si on peut dire. Sans délimitation, sans barrière, ni tribunes et les vestiaires étaient de fortune sans douche. C’est Marcel Gayraud qui dix ans plus tard va devenir le bâtisseur du Stade du Moulin.
Les tribunes furent construites en bois puis refaite après la libération par Aimé Chordi. Ces tribunes ont longtemps fait le charme du Moulin en lui donnant un air de stade à l’anglaise.
Lézignan la matraque
Dans ce lieu mythique la réputation lézignanaise était plutôt sulfureuse. Déjà accueilli en gare par une annonce de bienvenue « Lézignan ici Lézignan la matraque », les adversaires savaient à quoi s’attendre. Même les arbitres avaient un traitement spécial. Une légende disait même que dans un cagibi était pendu un squelette : « C’est ce qui reste d’un de tes prédécesseurs ». Un peu glaçant pour les arbitres. L’un d’eux a d’ailleurs achevé sa carrière après un match interminable contre l’Usap (1923). « Le match le plus sale que jamais je ne voudrais revoir », avait confié Robert Trémège. Mêlées, touches et surtout marrons. Perpignan gagne 4 à 0. Terrain envahi, Arbitre « séquestré » pour les uns « protégé » pour les autres.
Il dut attendre la nuit pour s’éclipser. La période à XV va s’achever en 1939. C’est la discorde avec la Fédération, Lézignan passe à XIII. Mais en 1942 le XIII est interdit par le gouvernement de Vichy et ses biens sont saisis, le FCL est contraint et forcé obligé de revenir à XV, mais le compte en banque avait été vidé par René Vidal et les équipements cachés par Jean Tournier.
Un match XIII contre XV
Le XIII est de retour après la guerre et le Moulin allait connaître des records d’affluence, comme en 1961 ou un FCL contre Roanne comptait 8 140 spectateurs mais aussi en 1978, une demi-finale opposant le XIII Catalan à Carcassonne voyait le stade déborder avec 10 230 entrées payantes. Deux années fastes pour Lézignan qui était sacré champion de France. Le 27 juillet 2011 devant 5 000 spectateurs, le Stade Français, club du Top 14, de Dimitri Szarzewski entraîné par Michaël Cheika, venait défier le FCL XIII champion de France, dans une rencontre amicale.
Les années noires
Le Moulin s’il a connu ses jours de gloire, allait en connaître d’autres beaucoup moins joyeuses. En novembre 1999 il subissait les terribles inondations qui avaient touché la ville en faisant bon nombre de victimes. Les tribunes du stade et le club-house étaient en partie noyés. Puis en 2018 c’est un violent incendie qui en quelques dizaines de minutes a ravagé les typiques tribunes en bois.

Grâce à la volonté de la Ville, la nouvelle tribune construite dans le même style était inaugurée en janvier 2020 lors d’un derby face à Limoux. La fête était un peu gâchée par la défaite de Lézignan mais le Moulin avait retrouvé toute sa splendeur.
Défilé de vedettes
Le Moulin a connu des grandes stars du rugby à XIII. Gilbert Benausse est sûrement l’une des plus connue. Centre ou demi d’ouverture il a fait vibrer le Moulin par sa dextérité et sa classe naturelle dans les années 50-60. Mais il y a aussi Edouard Poncinet, Roger Lacans, René Moulis, Roger Fabry, les frères Mazard Hervé et Patrick, Guy Madaule, Georges Ailières, Richard Alonso, l’homme aux 500 essais, mais aussi Michel Maïque le pharaon des Corbières pétri de classe et tant d’autres qui ont donné des frissons au public de ce stade. Dans cette petite ville des Corbières, le Moulin est un temple du rugby à XIII reconnu au-delà des frontières.
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