Carnet Noir – « C’est le père de l’arbitrage moderne » : René Hourquet, la disparition d’une légende de l’arbitrage français

, Carnet Noir – « C’est le père de l’arbitrage moderne » : René Hourquet, la disparition d’une légende de l’arbitrage français

L’ancien arbitre international René Hourquet est décédé mardi, à l’âge de 82 ans. En plus de sa grande carrière d’arbitre, l’ancien joueur de Lannemezan s’est distingué par son dévouement pour l’arbitrage français. Ses proches saluent un parcours qui a marqué la profession.

Grand dirigeant de l’arbitrage français, René Hourquet est décédé, mardi 27 août. Homme aux mille projets, dévoué à la promotion de l’arbitrage, le natif de Castres a été récompensé pour ses multiples carrières. Il a été récipiendaire de l’Ordre National du Mérite et a été fait Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur en 2004. Reconnu pour son rôle dans le développement de l’arbitrage français, il a d’abord été joueur, à Lannemezan. Il a été champion de France Réserves en 1967-1968 avec le club des Hautes-Pyrénées. « Un plaqueur terrible, il avait la hargne, souffle Jean-Claude Duclos, vice-président du Cercle Amical Lannemezanais, à propos de celui qui jouait centre et arrière. C’est une personne qui a marqué la vie locale à Lannemezan. Mon papa était dirigeant du club quand René était encore joueur. René Hourquet a fait tellement pour le rugby lannemezanais. Il ne nous a jamais oubliés, même quand il était à la Fédération. C’était son club. » Proviseur à Trie-sur-Baïse, au début des années 1970, René Duclos ne s’est jamais vraiment éloigné de son sud-ouest.

Les valeurs de respect et d’honnêteté, il les a amenées jusqu’au plus haut niveau du rugby mondial. « Sa carrière professionnelle a prouvé qu’il voulait que ça marche droit« , poursuit Duclos. Arbitre pendant deux Coupes du monde, en 1987 et 1991, l’oncle de Roger Thomas a eu une brillante carrière au sifflet. Il a également arbitré deux finales de championnat de France qui ont fait date. En 1983, au Parc des Princes, le terrain est envahi par des supporters biterrois à vingt minutes de la fin de la finale Béziers-Nice. René Hourquet incite les supporters à regagner leur place, en vain, et décide de terminer le match malgré la pression des Biterrois au bord de la pelouse ! Cinq ans plus tard, en 1988, il est assistant mais remplace Michel Lamoulie, blessé à la 48e minute.

« C’est un guide pour beaucoup d’arbitres »

René Hourquet avait transposé ses valeurs dans l’arbitrage. Plus tard, dans sa carrière de dirigeant, c’est cette approche humaniste qu’il a voulu diffuser. « L’arbitrage entraîne à la modestie, à la remise en cause permanente, indiquait-il en 2011 dans une vidéo publiée par la FFR. Arbitrer, c’est aimer le jeu. Certains vont avoir une carrière plus valorisante que d’autres mais le fondement de l’arbitrage, c’est l’arbitre de campagne, celui qui va diriger des matchs dans des coins retirés de son territoire. » L’annonce de sa disparition a beaucoup affecté Franck Maciello, ancien arbitre international. L’actuel directeur technique de l’arbitrage de la FFR est en arrêt maladie, après un grave accident. Il a tout de même accepté de témoigner, au nom de la profonde amitié qui le liait avec René Hourquet. « René, c’est le père de l’arbitrage moderne, chuchote-t-il, très ému. L’arbitrage français lui doit beaucoup, énormément. C’est un guide pour beaucoup d’arbitres. C’est plus qu’un président que l’on perd.« 

La FFR a annoncé mardi le décès de l’ancien arbitre international, à l’âge de 82 ans. Il avait arbitré de nombreuses rencontres internationales, dont les Coupes du monde de rugby 1987 et 1991https://t.co/R0OCkqSceO

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) August 27, 2024

Après avoir officié pendant une vingtaine de matchs internationaux, Hourquet est devenu le patron de l’arbitrage français. Il a été président de la Commission centrale de l’arbitrage de 1992 à 2009, en se glissant dans les pas de Bernard Lapasset, président de la FFR de 1991 à 2008. Homme clé du système fédéral, René Hourquet a marqué l’histoire de l’arbitrage français. Il a poussé pour l’introduction de l’arbitrage vidéo sur toute la surface du terrain. Sa poigne et sa fermeté sont saluées unanimement.

Il a senti le vent du professionnalisme dans l’arbitrage

« C’était aussi une personne très humaine, reprend Franck Maciello. Il savait tenir ses troupes, il avait un caractère assez fort. Il était très proche de ses hommes. Il avait vraiment l’intelligence du cœur. C’est le plus grand patron des arbitres français que l’on ait eu jusqu’à présent. » Devenu trésorier de la FFR entre 2000 et 2012, René Hourquet avait un lien très fort avec sa passion. Il a converti son neveu, Flavien Hourquet, actuel arbitre en Pro D2. En 2011, René est à l’initiative d’un livre, « Amor l’Arbitre », une ode à ce rôle essentiel mais sans cesse critiqué. « L’arbitrage, c’est bizarre comme sensation, expliquait-il au moment de la publication du livre. C’est une fonction extrêmement décriée mais qui suscite aussi la passion, l’action et la prise de responsabilités. C’est une action extrêmement valorisante qui mérite le respect de tous et pourquoi pas l’amour, comme le suggère le titre. » Au début des années 2010, il sent venir avant tout le monde que l’arbitrage tend à se professionnaliser. « Il a été précurseur, visionnaire loue Franck Maciello. Il a compris avant tout le monde que l’arbitrage allait évoluer vers le professionnalisme. Et il a mis la machine en marche pour que l’arbitrage soit là où il est aujourd’hui.« 

Un coq en guise de symbole

René Hourquet retournait souvent à Bédarrides, là où il vivait. L’année dernière, quand Lannemezan s’y est déplacé, Jean-Claude Duclos l’a invité dans le vestiaire lannemezanais avant le match. Son cancer de la gorge l’empêchait déjà de parler. Mais le passionné qu’il était ne pouvait pas s’empêcher de vivre ces moments. « Je l’ai fait rentrer dans les vestiaires, il était heureux comme tout, il avait quelques larmes, se souvient Duclos. Il ne pouvait plus parler mais bon… C’était quelqu’un d’entier. Il n’y avait pas de langue de bois avec lui. Il disait directement ce qu’il avait à dire, ce qu’il ressentait. Il ne fallait pas trop feinter avec lui, c’était un garçon très honnête. Il était sérieux avec lui-même mais il voulait que tout le monde le soit aussi. Il ne trichait pas trop. » Au moment de prendre sa retraite, en 2012, la FFR lui a offert un magnifique coq. René Hourquet l’a donné au club de Lannemezan, pour services rendus. Depuis, le coq trône à l’entrée du stade François-Sarrat. Histoire de boucler la boucle.

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