Comme au rugby, le football peut-il équiper ses arbitres d’un micro pour se faire comprendre

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La saillie a fait le tour de la planète, et pas seulement ovale. Lors d’une rencontre de Ligue Celte en 2012 entre Trévise et Munster, s’adressant au demi de mêlée italien d’origine sud-africaine Tobie Botes qui hurlait pour qu’il siffle une pénalité, l’arbitre international gallois Nigel Owens eut cette repartie cinglante : « Vous êtes joueur, je suis l’arbitre de ce match, ne hurlez pas comme ça. Laissez-moi faire mon boulot ! Ce n’est pas du football ! »

Depuis 2001, pour favoriser la compréhension des règles – complexes – du rugby, les arbitres français sont habitués à ce que les explications qu’ils donnent aux capitaines et aux joueurs lors des matches de Championnat d’élite soient diffusées en direct sur Canal+. Expérimenté en 2001 à l’initiative de la chaîne cryptée, ce système média fut élargi au Top 16 (ancêtre du Top 14) en 2006, puis à la deuxième division professionnelle, avant d’être repris dans le cadre des matches internationaux en 2015, ainsi que le rappelle Joël Jutge, responsable des arbitres internationaux : « Quand l’arbitre a une décision concernant le jeu déloyal ou un essai, le micro est ouvert pour communiquer dans le stade via les haut-parleurs. On privilégie la transparence. »

Ce protocole pourrait être mis en place durant la phase finale du Top 14, cette saison. « Il n’y aura pas une ouverture sur toute la durée du match, mais sur les appels vidéos, c’est quelque chose qui est aujourd’hui à l’étude », précise Romain Poite, patron des arbitres français.

Sans aller jusqu’à égaler l’impayable Nigel Owens, véritable bête de scène, des arbitres français de renom surent tirer profit du micro accroché à leur maillot. « Ce fut un progrès notable qui a obligé les arbitres à faire preuve de pédagogie pour faire comprendre leurs décisions aux spectateurs et aussi aux joueurs, constate Franck Maciello, qui eut en charge l’arbitrage français entre 2019 et 2022. On se rend bien compte que cela clarifie des situations qui, sans cela, auraient pu rester confuses. »

Pour continuer à faire le parallèle avec le football, si l’utilisation du micro pour les arbitres de rugby a diminué le nombre de polémiques, pas certain que cela ait été efficace vis-à-vis des entraîneurs, en témoignent cette saison l’attitude agressive et les propos déplacés de certains coaches, comme Pierre Mignoni (Toulon), Jean-Noël Spitzer (Vannes) ou Ronan O’Gara (La Rochelle), liste non exhaustive, qui leur valurent d’être convoqués et sanctionnés – plus ou moins lourdement – par la commission de discipline de la LNR.