La Rochelle historique, overdose de Dupontmania… Les coups de cœur et coups de griffe de l’année rugby

, La Rochelle historique, overdose de Dupontmania… Les coups de cœur et coups de griffe de l’année rugby

DECRYPTAGE – Retrouvez ce qui a plu et déplu à nos journalistes de la rubrique ovale durant cette année marquée par une Coupe du monde en France.

COUPS DE CŒUR

Le Portugal, tube de la Coupe du monde

«C’est la Coupe du monde parfaite», nous confiait Francisco Fernandes, pilier de Béziers et de la sélection portugaise. Car oui, le Portugal nous a surpris, émerveillés et séduits. Pour la deuxième fois de leur histoire, les « Lobos » disputaient une Coupe du monde après celle de 2007. Arrivée sur la pointe des pieds et avec le statut de « petit poucet », la sélection emmenée par Mike Tadjer et Samuel Marquès en est ressortie grandie. D’entrée, les hommes de Patrice Lagisquet ont proposé une belle résistance malgré un score lourd face au pays de Galles (28-8) avant de décrocher un match nul historique face à la Géorgie (18-18). « Après ce match, on avait déjà réussi notre Coupe du monde. C’était la première fois dans l’histoire de la sélection que l’on réussissait à faire ça », analysait d’ailleurs Fernandes. Loin d’être ridicules face à l’Australie (34-14), les Portugais ont marqué les esprits grâce à une ultime victoire face aux Fidji (23-24). Un parcours plus que positif pour une équipe à l’état d’esprit irréprochable. Mené par de grands talents comme Martins, Portela, Marta ou Costa Storti, le Portugal a l’avenir devant lui pour continuer à grandir.

La Rochelle, un doublé pour l’histoire

Un véritable tour de force. Le 20 mai dernier, le Stade Rochelais est devenu un très grand d’Europe, en remportant pour la deuxième fois d’affilée la Champions Cup. Après avoir terrassé la troupe de Jonathan Sexton au Stade Vélodrome en 2022, les Maritimes ont fait encore plus fort en s’imposant face à ces mêmes Irlandais dans leur Aviva Stadium de Dublin. Impressionnant de force collective. Car, après une entame de match complètement raté, Grégory Alldritt et ses coéquipiers ont su renverser la vapeur dans un contexte totalement hostile et face à un cador de la compétition sacré à quatre reprises. Preuve que les Rochelais sont désormais dans la cour des très grands, ils réalisent un doublé que seuls avant eux avaient réalisé Leicester (2001, 2002), le Leinster (2011, 2012), Toulon (2013, 2014, puis 2015) et les Saracens (2016, 2017). Remarquable pour un club qui a su construire petit à petit, mais de manière pérenne. Et dire que La Rochelle n’a retrouvé le Top 14 qu’en 2014… Une ascension fulgurante.

Erasmus, maître ès stratégie

En 2019, Rassie Erasmus avait déjà fait montre de tout son génie pour emmener les Springboks au titre mondial. Quatre ans plus tard, reconverti dans une fonction de Directeur du rugby, c’est en fait encore lui qui a imaginé les plans les mieux conçus, les idées audacieuses, les innovations les plus remarquées, pour attirer toute la lumière sur lui – et ainsi préserver ses joueurs – et réussir le doublé. Citons, en vrac, le banc à sept avants (vite baptisé squad bomb), les jeux de lumière pour passer le message (on tente ou on ne tente pas) à son buteur, l’utilisation de la règle oubliée de tous de demander une mêlée à la réception d’une marque dans les 22 mètres sud-africains ou encore (et entre autres) les charnières amovibles : Reinach-Libbok pour emballer le jeu, de Klerk-Pollard pour le gérer à la perfection. N’hésitant pas à sortir les deux premiers nommés dès la demi-heure de jeu en demi-finale contre l’Angleterre parce qu’elle était contrée. En fin stratège, Erasmus a dominé la partie d’échecs en quart de finale contre Fabien Galthié. Et dire qu’il est reparti pour quatre ans, retrouvant, après le sacre, son poste de sélectionneur de l’Afrique du Sud. Mais l’avait-il vraiment quitté…

Les Bleuets champions du monde pour la troisième fois d’affilée

Qu’ils font plaisir à voir, ces jeunes ! En terrassant l’Irlande (50-14) le 14 juillet au Cap (Afrique du Sud), le XV du France est devenu champion du monde des moins de 20 ans… pour la troisième fois d’affilée ! Au-delà du résultat, les Bleuets de Sébastien Calvet ont proposé un rugby flamboyant qui n’a laissé aucune chance aux Baby Blacks (35-14) en poules ou à l’Angleterre (52-31) en demi-finale. Un «French flair» à son paroxysme, bien aidé par un paquet d’avants solide. Il faudra surveiller de près cette génération 2003-2004 qui ne devrait pas tarder à taper à la porte des «grands». Dans les pas de leurs illustres prédécesseurs comme Romain Ntamack, Cameron Woki ou encore Arthur Vincent, les jeunes Posolo Tuilagui, Marko Gazzotti, Nicolas Depoortere et Lenni Nouchi ont assurément un avenir brillant devant eux.

Rugby : revivez l’année 2023 en photos

Accéder au diaporama (10)

COUPS DE GRIFFE

L’overdose de Dupontmania

En préambule, précisons, et c’est primordial, que l’immense talent du capitaine des Bleus n’est pas en cause (on sait que des âmes charitables s’empresseront de lui signaler ce petit billet d’humeur…). Antoine Dupont reste le meilleur joueur tricolore et son récent et tonitruant retour en forme fait regretter un peu plus qu’il ait choisi de faire l’impasse sur le Tournoi des six nations pour se consacrer à son rêve olympique à 7. L’overdose ne provient pas des louanges, justifiées, mais des flagorneries, insupportables. Antoine Dupont est blessé à la pommette ? Le monde s’écroule, le XV de France n’a aucune chance de remporter le quart de finale face à l’Afrique du Sud sans lui. Un feuilleton qui a duré trois semaines, entre France-Namibie et le premier rendez-vous éliminatoire. Sapant la confiance de ses partenaires. Saturant l’espace médiatique (et empêchant la mise en avant de tout autre joueur de l’équipe de France). Fragilisant le sélectionneur Fabien Galthié et son staff. Lui accordant un pouvoir démesuré dans un sport qui affirme que seul le collectif importe. C’est à lui qu’est revenue la décision de disputer, ou non, ce quart de finale. De rester, ou non, 80 minutes sur la pelouse du Stade de France (ce qu’il a fait). C’est également lui seul, du propre aveu du président de la FFR, qui a décidé s’il relevait ou non le défi du 7. Devenant plus grand que l’équipe, que l’institution, que son sport. Une dérive qui n’augure rien de bon. Et lui a valu un terrible surnom de la part de quelques coéquipiers mal à l’aise avec cette prééminence : L’Empereur…

Le bunker, la fausse bonne idée :

Le rugby, au même titre que d’autres sports, suit les évolutions de la société. Et subit les changements et ajouts technologiques. Alors que la vidéo avait fait son apparition en 2001 pour les compétitions internationales puis en 2006 pour le Top 14, un nouveau système a débarqué lors de la Coupe du monde : le bunker. « Gain de temps » selon les instances mondiales, cette technologie permettait à un arbitre indépendant basé en dehors du stade, de revisionner une action à la suite d’un carton jaune distribué par l’arbitre de champ. L’arbitre indépendant avait ensuite un délai de 10 minutes pour analyser et communiquer à l’homme au sifflet si le carton pouvait se transformer en rouge ou s’il restait jaune. Mais cette technologie n’a servi à rien. Si ce n’est à déresponsabiliser les arbitres. « Prenez un chirurgien qui doit réaliser une opération du cœur. Vous avez forcément envie que ce soit lui qui opère et non un infirmier ou une infirmière », ironisait l’ex-arbitre international Nigel Owens dans nos colonnes. Bref, encore une innovation qui, on l’espère, ne s’inscrira pas dans le temps dans notre si beau sport.

La lente dégringolade de Montpellier

Les lendemains de titre sont souvent compliqués en Top 14. Récemment, Clermont (sacré en 2017) mais aussi Castres (2018) sont passés par là. Des lendemains qui déchantent. Montpellier, qui a remporté le premier titre de champion de France de son histoire en 2022, a également connu une saison post-Brennus cauchemardesque. L’équipe alors entraînée par Philippe Saint-André a terminé le dernier exercice à une indigente 11e place, avec un bilan négatif (11 victoires pour 15 défaites), et a longtemps flirté avec la relégation. Plus grave, la machine ne s’est pas remise en route cette saison. Le MHR est lanterne rouge et «PSA» a été remercié et remplacé par Bernard Laporte. Un sulfureux retour aux affaires de l’ancien président de la FFR, condamné par la justice pour des faits de corruption avec Mohed Altrad, président-propriétaire du club héraultais (ils ont fait appel). Un duo qui fait couler beaucoup d’encre et qui va repasser devant la justice en 2024. Montpellier sera à nouveau sous le feu des projecteurs. Mais pour de sombres raisons.

La descente aux enfers des Wallabies

Le rugby australien est malade. Éliminés pour la première fois en phase de poules d’une Coupe du monde, les Wallabies ont même touché le fond à Lyon le 24 septembre, corrigés par le pays de Galles (6-40). Sans Eddie Jones, démissionnaire après un mandat désastreux de moins d’un an, il faut désormais reconstruire. Mais les chantiers sont nombreux. Le rugby à XV connaît une popularité déclinante face à la concurrence du XIII et du football australien. En témoigne le départ pour le XIII du grand espoir Mark Nawaqanitawase, ailier de 23 ans seulement. Sapé par les mauvais résultats de ses franchises en Super Rugby, le système australien a besoin d’une refonte dans son ensemble. Autrement, le « Big Three » de l’hémisphère sud pourrait bien devenir un « Big Two ».

Ce post a été choisi par toute l’équipe unar.fr en ligne parce que ce dernier figurait dans les interfaces d’un blog consacré au thème « Arbitres de Rugby ». unar.fr est une plateforme d’information qui compile de multiples journaux publiés sur le net dont la thématique principale est « Arbitres de Rugby ». Ce post est rendu de la façon la plus complète qui soit. Si vous souhaitez apporter quelques explications concernant le sujet « Arbitres de Rugby », vous êtes libre de discuter avec notre rédaction. Sous peu, on lancera d’autres renseignements pertinents autour du sujet « Arbitres de Rugby ». Cela dit, visitez de façon régulière notre site.