
Le carton orange illustre la nouveauté de ce début de saison de Top 14. Après cinq journées, les arbitres ont sorti à trois reprises cette sanction qui entraîne l’exclusion d’un joueur définitivement tout en étant remplacé au bout de vingt minutes. C’est le principe de la directive World Rugby du carton rouge de 20 minutes adaptée en France. En marge de la Nuit du Rugby 2025, Mathieu Raynal est revenu, pour Actu Rugby, sur la mise en application de cette nouveauté depuis le début de la saison 2025-2026. Lui qui est aujourd’hui manager des arbitres du Top 14 au sein de la cellule haute performance de l’arbitrage aux côtés de son ancien homologue Romain Poite.
Actu : Quel premier bilan faites-vous de la mise en place du carton orange ?
Mathieu Raynal : C’est une troisième sanction imposée par World Rugby. Nous avons décidé de la matérialiser par un carton orange car il y avait deux cartons rouges à World Rugby pour exprimer deux sanctions différentes. C’était plus visible de mettre une autre couleur. Mais cette sanction concernera très peu de situations. Des situations à la marge pour lesquelles on a une difficulté à mettre un jaune ou un rouge, à savoir comment s’en sortir et qui peuvent diviser l’opinion publique. Cette troisième sanction donne l’opportunité de trouver un consensus auprès des gens qui sont divisés entre le rouge et le jaune. L’année dernière, sur une dizaine de reprises, le carton orange nous aurait permis d’être plus équilibré. Les arbitres le prennent vraiment comme cela.
Comment les arbitres se sont-ils appropriés ce carton orange et quels premiers retours avez-vous ?
MR : Les arbitres doivent d’abord réfléchir au carton jaune puis ensuite au rouge. Quand ils n’ont pas d’option et qu’ils n’arrivent pas à trancher, le carton orange peut les aider. Tout se passe bien. Il y a eu un temps d’adaptation mais maintenant ils se le sont appropriés avec sa philosophie. Ce nouvel outil commence à devenir lisible pour tout le monde et ce n’est pas quelque chose qui les perturbe.
Avec le carton rouge de 20 minutes, n’y-a-t-il pas la sensation d’abaisser la sanction pour du jeu déloyal grave ?
MR : Le carton rouge permanent est maintenu pour ce genre de situation. Nos arbitres réfléchissent ainsi : si les observables sont clairs et qu’ils doivent mettre un carton rouge permanent, c’est non négociable. Quand le rouge permanent n’est pas justifié et que le jaune est trop faible, c’est là où ils peuvent sortir le carton orange de 20 minutes. Nous conservons donc la force et la justesse du carton rouge permanent. On ne veut surtout pas l’amoindrir. C’est très important pour nous.
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Comment se positionne World Rugby par rapport au carton orange ?
MR : Notre but clairement est de mettre en place le carton orange, d’expliquer nos procédures et que World Rugby étudie la manière dont on le pratique en France. Nous étudions aussi les résultats sur le jeu. Si World Rugby estime que ce dispositif fait partie de l’intérêt général de notre sport, libre à eux de le reprendre.
En attendant, World Rugby utilise le bunker…
MR : Oui, aujourd’hui ils ont le bunker. Je rappelle qu’un arbitre central à l’heure actuelle d’après les règles de World Rugby n’a pas le droit de mettre un carton rouge de 20 minutes. Le joueur doit être envoyé au bunker. En revanche, l’arbitre central peut mettre un carton rouge définitif ce qui n’est pas le cas du bunker. Au niveau de l’accessibilité du grand public par rapport aux règles, je ne sais pas si ce système participe à la simplification et à la lisibilité des décisions. Pour World Rugby, le bunker permet de gagner du temps. De notre côté, nous pensons que les appels vidéo permettent aux spectateurs et téléspectateurs de suivre le cheminement et la réflexion de l’arbitre qui conduit à la décision. Au niveau pédagogique, il y a une vraie utilité.
Quel constat faites-vous sur la sécurité des joueurs et sur les sanctions concernant les situations de jeu déloyal ?
MR : La sécurité des joueurs reste la priorité de nos arbitres. Mais c’est aussi la priorité des clubs et de tout le monde y compris pour les spectateurs. C’est un facteur qui joue sur la démocratisation de notre sport. Si vous voulez que des mères de famille envoient les gamins au rugby, ce sport doit rester sûr. Néanmoins, c’est aussi un sport de combat. On essaye de maîtriser le maximum de choses tout en restant juste et équilibré dans les sanctions. On n’essaye pas de prendre des sanctions plus lourdes mais on essaye d’être le plus juste. C’est le travail de nos arbitres.
Quel bilan faites-vous sur l’identification des situations de jeu déloyal par vos arbitres ?
MR : Il y a très peu de situations qui passent au travers des mailles du filet grâce au regard de l’arbitre, de ses deux assistants et de l’arbitrage vidéo. À quatre, ils arrivent à maîtriser le maximum de choses. Je ne vais pas vous le cacher, il y a des situations de jeu que les arbitres ratent. Ils ne seront jamais à 100%. Mais c’est quand même très rare.
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