
C’est la face cachée d’un sujet qui, lui, l’est de moins en moins. Dans le documentaire Coup sur coup disponible ce lundi sur le site de L’Équipe, la journaliste Lucie Ducos-Taulou s’intéresse aux commotions cérébrales dans le rugby amateur en France. Un rugby qui n’a évidemment pas l’exposition du rugby professionnel, où la santé des joueurs est devenue un enjeu majeur ces dernières années, mais qui concentre l’immense majorité des licenciés dans l’Hexagone.
Ce sujet, Lucie Ducos-Taulou le maîtrise malgré elle. Joueuse du Stade bordelais dans les catégories jeunes, celle qui évolue alors au poste de demie de mêlée subit quatre commotions cérébrales sur les terrains. À l’époque, la situation ne l’alerte pas. Mais la réalisation de ce documentaire agit comme un choc : « Je me suis dit : “En fait, j’ai fait n’importe quoi” […] ; j’ai revécu les scènes où je rentrais sur le terrain 3 minutes après un choc, comme si de rien n’était. » De ce constat, naît l’idée d’incarner en partie ce documentaire. « L’idée, c’est de se mettre dans ma peau, de dire qu’on est tous dans le déni et de montrer aux gens comment on peut en sortir. »
Une victime de commotion « toute seule dans son combat »
Pour sensibiliser encore plus, Lucie Ducos-Taulou a rencontré deux joueurs contraints de raccrocher les crampons après avoir été victimes de commotions cérébrales. Il y a d’abord Jean-Baptiste, qui évoluait à Trélissac (Dordogne) mais dont la carrière s’est arrêtée il y a trois ans. Un adversaire lancé, un coup dans la mâchoire qui « fait un peu plus mal que d’habitude », une fin de match dont il ne se souvient absolument pas puis une perte de connaissance : la commotion de Jean-Baptiste est devenue un œdème et, à quelques heures près, il « ne serait pas là pour en parler ».
Toujours habitué de la main courante lors des matches de son équipe, Jean-Baptiste se heurte désormais à une autre réalité : celle du déni d’une partie du rugby amateur dans cette lutte. Les réunions, les prises de parole, les annonces de la Fédération française de rugby ne changent finalement pas grand-chose. « Jean-Baptiste, il est tout seul dans son combat », regrette Lucie Ducos-Taulou. « Il n’y a pas assez de budget pour la prévention », « il y a la peur de faire peur », énumère la journaliste sur les raisons du tabou persistant à ce sujet. « Et puis c’est la culture du rugby […], où c’est viril chez les filles comme chez les mecs, où on ne veut pas abandonner les copains, où on se dit : “Si je tiens debout, je continue”. » Plusieurs joueurs (qui n’apparaissent pas dans le documentaire) qui ont souffert d’une ou plusieurs commotions ont d’ailleurs expliqué que « Si c’était à refaire, ils le referaient ».
Le carton bleu boudé par certains clubs
Sept ans après son apparition dans la poche de l’arbitre, le carton bleu suscite également des débats. Ce dispositif, qui oblige un joueur présentant des signes évoquant une commotion à sortir puis à observer trois semaines de pause, est parfois considéré comme une sanction par certains entraîneurs. Si, durant le documentaire, un entraîneur ne cache pas son mécontentement après la sortie d’un de ses joueurs, la journaliste assure que cela va parfois plus loin : « Certains arbitres se font menacer par des entraîneurs pour retirer un carton bleu parce que “21 jours de repos, c’est trop long” ».
Plus tard dans le documentaire, il y a aussi ce témoignage de Quentin, jeune joueur qui évoluait à Saintes mais qui n’a jamais pu reprendre le rugby après deux commotions. En proie à de nombreux symptômes, il explique avoir dû « stopper ses études ». « Ma vie, elle s’est totalement arrêtée », poursuit-il. Mais une rencontre avec l’international français Alexandre Lapandry (13 sélections), victime du même mal quelques années plus tôt, agit comme une lueur d’espoirs.
À l’école de rugby de Vichy (Allier) ou chez les jeunes joueuses de Bordeaux (Gironde), on tente des choses, on adapte les entraînements, on essaye de sensibiliser. Des initiatives qui, Lucie Ducos-Taulou l’espère, permettront de faire du rugby « un sport plus sûr ». « Il faut qu’on continue à jouer, mais qu’on s’arrête quand il faut, pour pas que cela vire au drame », conclut-elle.
Coup sur coup, de Lucie Ducos-Taulou. Disponible sur le site de L’Équipe dès ce lundi 20 octobre. Durée : 39 minutes.
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