SERIE. La folle histoire du rugby au Jeux olympiques (3/3) : 2009 – 2016 : la résurrection via le 7

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Le rugby aux Jeux Olympiques, c’est finalement une vieille histoire. Elle a démarré en 1900, avant de s’interrompre et de redémarrer en 2016. En cet été marqué par les JO de Paris, Midi Olympique vous fait revivre cette histoire chaotique en trois étapes. Pour cette troisième et dernière partie, nous revenons en 2009, lorsque le CIO vote le retour du rugby aux Jeux-Olympiques, où plutôt l’arivée du rugby à sept, discipline plus conforme au format de la quinzaine olympique et à certaines valeurs. Le début et le symbole d’une nouvelle époque.

Le retour du rugby aux Jeux Olympiques est lié à une ville rarement citée dans les chroniques ovales : Copenhague. C’est dans la capitale danoise que s’est déroulé, le 9 octobre 2009, le vote décisif du Comité International Olympique. Il fallait arbitrer entre sept nouveaux sports proposés. Président de l’IRB, Bernard Lapasset est venu passer quatre jours en Scandinavie accompagné de quelques joueurs symboliques, Agustin Pichot, Humphrey Kayange (du Kenya) et Jonah Lomu en personne. Ils répondent à plusieurs questions avant de s’en remettre au scrutin secret.

Ce mercredi, les épreuves de rugby à 7 des JO de Paris débutent. L’heure de dresser une liste de cinq nations favorites pour décrocher la médaille d’or.https://t.co/SUZRM8wkjv

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) July 24, 2024

Le monde du rugby attend le verdict avec un peu d’angoisse et puis, c’est la délivrance. Sur les 90 votants, 81 se sont prononcés pour le retour du ballon ovale aux Jeux, quatre-vingt-cinq ans après le fiasco de 1924. Le rugby et le golf (moins bien élu) ont pris le meilleur sur le karaté, le baseball, le softball, le rollersports et le squash. Mais c’est un autre rugby qui doit faire son retour en 2016 aux Jeux de Rio de Janeiro, le rugby non plus à XV, mais à 7, une discipline très ancienne mais qui ne s’est vraiment développée qu’à partir des années 70. On a donc vu un sport totalement revivifié par le label olympique, même si un circuit mondial existait depuis dix ans.

L’équipe de France y était entraînée par Thierry Janeczek, vrai pionnier de la discipline, presque un héros, même s’il n’eut pas le bonheur de vivre directement les JO. « Je me suis battu avec les clubs pour avoir la meilleure équipe possible, et pour que la France occupe le rang qui devait être le sien, se remémore-t-il. Mais la réussite du circuit mondial avait permis à de nouveaux pays d’exister dans le monde du rugby. Et tous les continents y ont été représentés. Le circuit a semé des vocations dans le monde entier. Je me souviens d’avoir fait avec l’équipe de France plusieurs Jeux Mondiaux, comme des répétitions. Il fallait démontrer l’intérêt sportif de notre discipline, son épanouissement dans plusieurs continents, ainsi qu’une pratique féminine de qualité. » On peut imaginer que la force du tournoi de Hong Kong, devenu une institution à partir des années 90, a aussi joué un rôle dans la crédibilité de ce sport.

Le triomphe de Lapasset

Le retour du rugby aux JO est la victoire diplomatique d’un homme, un Français, Bernard Lapasset, ancien président de la FFR devenu patron de l’International Board en 2007. Mais on l’oublie parfois, le rugby à 7 avait été recalé en 2002 et en 2007 avant de passer enfin le filtre des caciques de l’olympisme. Bernard Lapasset, dès son entrée dans les instances internationales, s’est attelé à ce dossier. « Il avait bien sûr commencé alors qu’il était encore président de la FFR. Chaque fois que nous allions en tournée dans un pays, il se faisait présenter par ses homologues, les membres locaux du CIO. Il prenait ainsi des contacts. Il s’est constitué un réseau », se souvient Jean Dunyach qui était l’un de ses lieutenants à la FFR. En novembre 2008, Bernard Lapasset avait vécu une première épreuve à Lausanne devant la commission des programmes en compagnie déjà d’Agustin Pichot et de la capitaine du Kazakhstan Anastassiya Khamova et de son directeur administratif Mike Miller, examen positif via quelques vidéos bien troussées.

La Grande-Bretagne absorbe les nations du Tournoi

Le rugby à 7 pour se conformer aux règles de l’olympisme, est calqué sur les nations officielles. Ça signifie que l’équipe de Grande-Bretagne réunit les trois nations du Tournoi : Angleterre, Écosse et pays de Galles. L’Irlande concourt de son côté, amputé de l’Ulster.

On sait que Jacques Rogge, président du CIO et ancien international belge de rugby, avait œuvré en faveur du retour du rugby. Au mois d’août, la commission exécutive (sorte de gouvernement) avait exprimé ses préférences, ce qui avait paradoxalement provoqué un retour de bâton des « cardinaux », ceux qui votent en assemblée générale qui ne voulaient pas de décisions imposées d’en haut. Bernard Lapasset nourrissait donc quelques inquiétudes jusqu’au dernier moment.

L’IRB, enfin une vraie fédération

Le retour du rugby aux JO peut s’analyser de plusieurs façons. Mais pour l’International Board, devenu World Rugby, c’était une reconnaissance diplomatique énorme. Il faut bien comprendre que l’instance qui gérait le rugby mondial a longtemps fonctionné comme un club de gentlemen anglo-saxons, sans règles bien définies dans une ambiance feutrée entre les huit meilleures nations du monde. À partir des années 2000, ses dirigeants en ont fait une vraie fédération internationale avec plus d’une centaine de pays affiliés. Sans cette transformation, le rugby n’aurait pas été pris au sérieux par les instances olympiques. « Avant, il y avait deux fédérations : la FIRA et l’International Board. Du point de vue du CIO, c’était difficile à comprendre. Ce n’était pas crédible », nous a confiés Jacques Laurans, proche de Lapasset et représentant français à l’IRB. Lapasset lui-même l’avait explicité si clairement : « Le CIO a longtemps cru que le rugby était davantage un club qu’un sport régi par une fédération internationale. Vice-président du CNOSF depuis vingt ans, ayant assisté à cinq Jeux Olympiques, je crois connaître les codes et les valeurs de l’olympisme. Je n’ai cessé d’expliquer que le rugby n’était plus un sport de gentlemen anglais mais qu’il appartenait à une culture ; que 116 pays étaient affiliés à l’IRB dont le président parle trois langues. »

Un format idéal

Le rugby à 7 semblait tombé du ciel pour un retour de l’ovale aux JO. Il est censé être plus spectaculaire, plus accessible et plus facile à pratiquer que le rugby à XV. Et surtout, son format semblait idéal pour s’intégrer dans la quinzaine olympique. Des matchs courts qui peuvent s’enchaîner sur le même terrain dans la même journée. Un tournoi olympique peut être bouclé en cinq jours, avantage considérable : impossible à mettre en œuvre avec le rugby à XV et les temps de repos nécessaires. La lourdeur du tournoi de football, qui mobilise des stades parfois très éloignés de la ville hôte, sert d’anti-exemple. « Bernard Lapasset m’expliquait les arguments qu’il comptait utiliser au gré de nos rencontres informelles, narre Frédéric Pomarel, ex-sélectionneur de l’équipe de France. Il y avait l’universalité, le format, mais aussi la parité hommes-femmes plus facile à atteindre via le 7 et aussi le nombre des athlètes engagés, réduits. C’était important en termes de sécurité notamment car le CIO ne voulait pas augmenter outre mesure le nombre des participants. »

Un premier tournoi familial

Après le vote de Copenhague, il a fallu attendre sept ans pour que le ballon ovale fasse concrètement sa réapparition. En 2016 donc à Rio de Janeiro, vingt-quatre équipes, douze masculines et douze féminines s’escriment sur un terrain de Rio dans une ambiance plutôt familiale : « Le tournoi en lui-même n’avait pas la dimension des grandes étapes du circuit mondial comme Hong Kong par exemple », se souvient Frédéric Pomarel. Celui-ci ne donne pas une version idyllique de cette période 2009-2016 : « Nous étions peu à y croire vraiment à la FFR. Jusqu’en 2015, nous travaillions dans une atmosphère intimiste. Mais à un an des Jeux, les choses ont commencé à bouger. Il nous était par exemple très difficile de mettre sur pied une compétition nationale de bon niveau. La FFR et la LNR étaient fâchées. »

Les Fidji, incarnation ultime de l‘universalité

Jamais un résultat final ne correspondit à ce point au souhait implicite des autorités. Bernard Lapasset avait fait campagne sur l’universalité, notion un peu fourre-tout mais qu’on pouvait exprimer ainsi. L’arrivée du rugby à 7 permettrait à de nouveaux pays de goûter enfin aux joies d’une médaille olympique. L’allusion aux îles Fidji était claire. Et les garçons fidjiens ont gagné leur tournoi, offrant le premier titre et le premier podium à leur nation. « En plein dans le mille » aurions-nous pu titrer. Dans cette équipe, des joueurs de premier plan qui ont brillé dans des clubs français comme Josua Tuisova (Toulon, Lyon, Racing) ou Leone Nakarawa (Racing92, Castres), Masivesi Dakuwaqa (Toulon, Montpellier). La liesse au pays est immense avec la quasi-totalité de la population devant les écrans. À noter la présence dans l’équipe néo-zélandaise du médiatique Sonny Bill Williams, qui hélas se blessa gravement d’entrée. En 2021, à Tokyo, rebelote pour les Fdji avec une équipe entièrement renouvelée (Radradra, Botitu, Wainiqolo). Seul Jerry Tuwai a reçu les deux médailles d’or. Hélas dans une ambiance confidentielle, Covid oblige.

Ce post a été choisi par toute l’équipe unar.fr en ligne parce que ce dernier figurait dans les interfaces d’un blog consacré au thème « Arbitres de Rugby ». unar.fr est une plateforme d’information qui compile de multiples journaux publiés sur le net dont la thématique principale est « Arbitres de Rugby ». Ce post est rendu de la façon la plus complète qui soit. Si vous souhaitez apporter quelques explications concernant le sujet « Arbitres de Rugby », vous êtes libre de discuter avec notre rédaction. Sous peu, on lancera d’autres renseignements pertinents autour du sujet « Arbitres de Rugby ». Cela dit, visitez de façon régulière notre site.