XV de France : Avec un capitaine bilingue comme Alldritt, les Bleus enfin raccords avec les arbitres anglo-saxons

Au moment de choisir son nouveau relais sur le terrain, le temps au moins de l’intérim « septiste » d’Antoine Dupont, Fabien Galthié a bien entendu tenu compte de l’âge du capitaine. Lors de la Coupe du monde 2027 en Australie, Grégory Alldritt aura 30 ans, alors que Charles Ollivon, autre candidat naturel, en affichera 34 et semble donc moins sûr de voir le pays des bestioles qui font peur.

Va donc pour le numéro 8 de La Rochelle qui présente en outre une autre qualité devenue aussi importante dans le rugby que sur LinkedIn. Le Gersois, dont le père est écossais, parle parfaitement la langue de Jonny Wilkinson et pourra ainsi causer avec aisance à Karl Dickson, l’arbitre anglais du France – Irlande vendredi à Marseille. Mais aussi à ses deux compatriotes et aux deux Australiens qui siffleront les Bleus lors des quatre journées suivantes du Tournoi des VI Nations.

Leur collègue français Thomas Charabas apprécie : « Pendant longtemps en équipe de France, le capitaine ne parlait même pas anglais. Ce choix, c’est un élément important. Je ne comprends pas non plus qu’on me mette un capitaine [en Top 14] qui ne parle pas un mot de français. Pourtant, je suis bilingue. » Comme Alldritt donc, qui, s’il avait déjà porté les galons et si l’on en croit Henry Broncan (aka « le sorcier gersois ») dans Midi Olympique, aurait pu changer le sort du dernier match joué par les Bleus. Mais oui, ce funeste quart de finale de « notre » Coupe du monde contre l’Afrique du Sud (28-29), dont on essaie encore d’exorciser le souvenir.

« C’est dommage de ne pas y avoir pensé avant »

« Sur une rencontre de ce type, il faut avoir la maîtrise totale de la langue parlée par l’arbitre, lequel a une pression terrible sur les épaules, juge l’ex-entraîneur d’Auch. Il ne peut pas tout voir. L’objectif est d’entrer dans son cerveau, de se comporter en influenceur. Impossible d’échanger avec lui de façon approximative comme pouvait le faire Antoine Dupont. C’est dommage de ne pas y avoir pensé avant. »

Si des décisions du Néo-Zélandais Ben O’Keeffe restent en travers de la gorge de pas mal de fans tricolores, on se souvient aussi de l’incroyable nervosité des Français, leur capitaine en tête, contestant presque toutes les décisions, ce qui n’a pas aidé à éviter la sortie de route prématurée.

Guilhem Guirado lors de France - Irlande, le 3 février 2018, avec l'arbitre Nigel Owens. "Il parlait seulement gallois et anglais", s'amuse l'ancien capitaine des Bleus.
Guilhem Guirado lors de France – Irlande, le 3 février 2018, avec l’arbitre Nigel Owens. « Il parlait seulement gallois et anglais », s’amuse l’ancien capitaine des Bleus. - John Spencer / Sipa

S’il ne conteste pas l’importance de bien maîtriser l’idiome de l’écrasante majorité du corps arbitral, Guy Novès, aux commandes du XV de France en 2016 et 2017, ne va toutefois pas aussi loin que Broncan. « Avoir auprès de soi quelqu’un qui maîtrise plusieurs langues, c’est un atout supplémentaire, remarque l’icône d’Ernest-Wallon. Cela fait partie des nombreux détails que l’on essaie de maîtriser au mieux. Un Français qui s’adresse à un Britannique en anglais montre qu’il fait des efforts et je pense que c’est apprécié. »

En parlant d’efforts, Guilhem Guirado en a produit pas mal au fil de ses 32 capitanats en 74 sélections, pas toujours récompensés lors d’une période compliquée pour le XV de France, sous Guy Novès puis Jacques Brunel, jusqu’au Mondial 2019.

« Il faut avoir une relation constructive durant tout le match, pour que l’arbitre sente qu’il y a un échange, développe l’ex-talonneur. C’est donc important de bien se faire comprendre. J’avais une base assez bonne en anglais général mais je l’ai approfondie avec Tom Whitford, qui à l’époque était « team manager » de Toulon, puis de Montpellier. Avec lui, j’échangeais beaucoup sur les termes spécifiques du rugby et de ses règles. » »

Il ne faut toutefois pas croire que la démarche vient toujours d’un seul côté. L’ancien arbitre irlandais Alain Rolland, de père français, pouvait ainsi expliquer dans leur langue aux Bleus pourquoi il les sanctionnait, ce qui ne changeait donc pas grand-chose au fond de l’affaire.

Les « efforts » de Ben O’Keeffe et Wayne Barnes

« Je me rappelle aussi que Ben O’Keeffe faisait l’effort, il parlait bien français, poursuit Guirado, désormais agent d’assurances et membre de l’opposition au comité directeur de la FFR. Wayne [Barnes] faisait aussi énormément d’efforts. » « Il n’y avait que Nigel [Owens], qui parlait seulement gallois ou anglais », sourit le Catalan formé à Perpignan, où tous ses capitaines ne partageaient pas ses facilités, si précieuses également en Coupe d’Europe. « Bernard Goutta était aidé par d’autres joueurs, comme « Nico » Mas, qui était par exemple épaulé par [l’Ecossais] Nathan Hines ou d’autres. Il y a toujours eu de nombreux joueurs anglo-saxons dans mes différents clubs. »

Ens élection, ce n’est pas la même limonade au moment de passer l’oral d’anglais. Interrogé ce mardi à Marcoussis sur le bilinguisme de son capitaine à La Rochelle comme en sélection, Jonathan Danty a d’abord échangé un regard interloqué avec son collègue de conférence de presse Peato Mauvaka.

Le bon sens de Guy Novès

« De toute façon on peut s’appuyer sur Jérôme [Garcès, consultant arbitrage du XV de France], qui nous apprend à communiquer avec des mots très simples, sur des phases précises, pour nous permettre de nous faire comprendre très rapidement même si on est nuls en anglais. Mais forcément, il y aura un lien un plus simple avec l’arbitre et on pourra se servir de lui [Alldritt] pour faire remonter des choses si besoin. »

En résumé, s’avancer vers le Tournoi des VI Nations 2024 avec un parfait anglophone représente un atout certain, mais pas décisif. Ce qui donne, dans la bouche de Guy Novès : « Quand on fait une faute, on a beau parler anglais, on a fait la faute. »

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