Rugby : Aurélie Groizeleau seule arbitre française à la coupe du monde 2025

Seule française sélectionnée pour arbitrer durant la coupe du monde féminine de rugby 2025, Aurélie Groizeleau est aussi la seule femme arbitre en Pro D2. Elle livre ses souvenirs de la coupe du monde et son sentiment sur la féminisation de l’arbitrage.

À l’occasion des , Aurélie Groizeleau lance un appel aux jeunes femmes tentées par le sifflet : « Oser, déjà, c’est le premier pas. Se lancer, croire en soi, se dire qu’on peut y arriver. Il ne faut pas avoir de crainte particulière. C’est en essayant qu’on sait si ça nous plaît ou pas. » Son propre parcours a été marqué par un tournant inattendu : à 19 ans, elle découvre qu’elle ne peut plus jouer en raison d’un problème de santé. « J’ai découvert que j’avais un seul rein. A l’époque, et c’est différent aujourd’hui, les règlements médicaux ne permettaient pas de jouer. L’arbitrage s’est offert à moi comme une réelle option pour continuer ma passion. »

Si les compétitions féminines se multiplient, la place des femmes dans l’arbitrage reste marginale. « Quand j’ai commencé il y a 15 ans, on était très peu. C’était difficile d’être la seule femme, que ce soit en réunion ou sur le terrain. » Aujourd’hui, ce sont environ 200 femmes qui sont arbitres en France, soit environ 6 à 7 % du total. « Il y a un gros travail à faire sur la féminisation. On pousse toutes les femmes, toutes les jeunes filles à nous rejoindre. Il y a de la place pour tout le monde. »
 Aurélie Groizeleau a arbitré quatre rencontres lors du Mondial 2025, dont le quart de finale Angleterre–Écosse. « Sportivement, j’ai vécu un bon moment. Tout était aligné, ça fonctionnait. Je ressors de cette compétition avec beaucoup de confiance. » Elle garde aussi un souvenir fort du public anglais : « Très généreux, très gentils. À la fin des matchs, ils venaient nous voir pour des photos, des autographes. Je n’avais jamais vu ça. Ils sont là pour l’amour du rugby. »

L’expérience de joueuse d’Aurélie Groizeleau nourrit son regard sur le terrain : « Quand on a joué, on peut anticiper, lire le jeu. C’est important pour se placer au bon endroit et prendre la bonne décision. » Elle observe aussi les progrès du rugby féminin à l’échelle mondiale : « Le Canada a été une révélation. L’Afrique du Sud met des moyens. Et le Japon, très respectueux, est devenu l’équipe chouchou du public anglais. »

Face aux évolutions technologiques, elle reste pragmatique : « Il faut trouver le bon équilibre. Si la technologie permet d’être plus juste et performant, c’est bienvenu. » Et sur la reconnaissance du corps arbitral, elle partage une philosophie simple : « Quand l’arbitre est anonyme, qu’on ne l’a pas vu du match, c’est qu’il a fait un bon match. »