Pro D2 – Avec un maillot novateur, comment le Géo Trouvetou biterrois Diego Minarro compte aider le rugby

, Pro D2 – Avec un maillot novateur, comment le Géo Trouvetou biterrois Diego Minarro compte aider le rugby

L’ancien talonneur de l’AS Biterroise, double champion de France en 1983 et 1984, a pris sa retraite en 2023 alors qu’il était directeur du centre de formation du club. Depuis, fasciné par la recherche et les concepts innovants dans le rugby, Diego Minarro s’est penché dans l’élaboration d’un maillot spécifique pour les premières lignes. Avec en trame de fond, l’inévitable sécurité auprès des intéressés.

Chez Diego à Nissan-lez-Ensérune, commune limitrophe de Béziers à quelques kilomètres, fleure bon l’histoire et l’ovalie. Véritable refuge d’œuvres, d’objets et d’images de son époque, le Biterrois consacre un temps et une énergie folle à l’innovation auprès de l’ovalie dans sa demeure. Joug de formation, biomécanique du geste, préparation mentale, ce « chercheur » comme il aime à l’évoquer, foisonne d’idées et d’ingéniosité pour ce noble sport. Jusqu’à en arriver à l’un de ses chantiers les plus fastidieux, le « Rugby Props Protect 1.3 » (protection pilier rugby version 1.3). Qu’est-ce donc cette dernière trouvaille ? « Je propose un procédé de bande d’ancrage en néoprène fixée sur le côté extérieur du maillot des premières lignes, les joueurs pourront ainsi identifier la prise et se sécuriser. L’arbitre saura en conséquence aussi, s’il y a triche ou tentative de contourner le règlement. C’est une aide précieuse pour notre discipline et son évolution tout simplement. » débute-t-il.

Inspiré par des exemples dramatiques dans le rugby, lorsqu’une épreuve de force dérape, et certains accidents irréversibles qui peuvent survenir, il précise : « Je pense toujours à Michel Cortal de Carcassonne, que j’ai vu récemment, et qui se retrouve hémiplégique aujourd’hui, et Yusuf Tuncer, pilier de Tulle, qui s’est blessé gravement également. Le constat, il est clair, de plus en plus de mêlées s’écroulent, et je trouve que donner de la confiance dans ce secteur si particulier, c’est primordial. Les liaisons entre les premières lignes en sont l’architecture et je propose un dispositif qui permet d’équilibrer et de donner des repères de sécurité aux joueurs. » Entre observables pour les arbitres et formation accélérée d’un positionnement inédit sur la prise du maillot, Diego Minarro apporte ses solutions avec ce prototype stabilisateur de première ligne.

Bouger les lignes

Pour que cette aventure démarre, le Biterrois se rapproche alors de Michaël Guedj, ancien président du Conseil de Surveillance de l’ASBH, mais surtout président de la marque Shilton, marque de prêt-à-porter dans le sport notamment. Les idées fusent et le début de la collaboration permet au projet de prendre une autre tournure. « Je le remercie d’avoir cru en moi et mon concept, il y a 5 ans, explique-t-il. Nous avons réalisé des prototypes et affiné notre vision. La mêlée, c’est une véritable foire d’empoigne, le talonneur se lie un peu où il veut, au lieu de chercher l’aisselle de son pilier en général, expliquant bon nombre d’instabilités. En ayant évolué au poste de talonneur pendant de nombreuses années, puis en étant imbriqué dans la formation durant toute ma vie professionnelle, c’est parfois traumatisant d’observer une mêlée qui s’écroule et certaines conséquences qui peuvent donc en découler. Il faut bouger les lignes à ce sujet. » Sécurité, formation et optimisation, des mots qui résonnent auprès de Diego Minarro.

Convaincre est une autre facette d’un tel cheminement. Si certaines portes se ferment par manque de considération, d’autres sont plus enclines à écouter les explications du Biterrois et ses fortes croyances. « L’Académie des premières lignes m’a reçu à Marcoussis en 2023. Puis nous avons basculé sur le terrain avec l’équipe professionnelle de Béziers, et également lors d’un rassemblement de l’équipe de France à Fréjus la même année. William Servat et le staff des Bleus m’ont permis de présenter le maillot. » Élargir l’information était devenu alors une nécessité, il rajoute :« Les retours sont très positifs auprès de la Direction Technique Nationale et ses nombreux conseillers. On finalise encore des tests avec une nouvelle matière, on récolte encore les retours et je remercie le président du Syndicat Provale, Mathieu Giudicelli, de m’avoir permis d’envoyer un questionnaire à chaque joueur de première ligne professionnel pour sonder les acteurs de cette particularité. Et je peux vous dire que la méconnaissance du poste et ses subtilités agacent les joueurs au premier point. »

On ne vient pas au rugby pour se retrouver un jour dans un fauteuil roulant

Localement, l’ancien talonneur de l’AS Biterroise a été appuyé par INNOVOSUD, structure sur la ville qui permet à des projets novateurs de passer la vitesse supérieure. Misant sur son invention brevetée, l’expérimentation demeure essentielle pour valider cet appui et sa faisabilité dans le temps. « J’aurai souhaité que les maillots soient testés en compétition chez les jeunes sur trois mois. Qu’on puisse proposer une cellule de réflexion et en débattre après, dans l’intérêt des joueurs, en Occitanie ou ailleurs. Il y a tout un protocole à réaliser, avec les entraîneurs, le staff spécifique à la mêlée, les joueurs et les arbitres. » Et du concret, qui se mesure quantitativement et qualitativement, selon un processus bien rodé, il s’en explique :« Le côté scientifique entrera en compte. Quel sera le pourcentage de mêlées écroulées avec ce dispositif ? Quel apport les garçons de la première ligne en tireront ? Les arbitres auront-ils observé plus de facilité dans la mise en place et le déroulement de cette phase statique ? Il faut des preuves irréfutables pour engager le projet et embrayer le mouvement. »

Pour ce féru d’archéologie et d’histoires mêlant le rugby et l’humain, la formation est un maillon indispensable à cette création. Comme une synergie commune qui doit accompagner cette idée originale et censée. « Former la nouvelle génération est une nécessité. Il faut responsabiliser les gamins, rien n’est perdu. L’acte de pousser, l’effort à produire, c’est un état d’esprit qui doit être surveillé et sécurisé. On ne vient pas au rugby pour se retrouver un jour dans un fauteuil roulant. » Les prochaines étapes dans les semaines à venir seront sensiblement capitales dans l’avancée du produit, il achève ainsi :« Nous allons passer par une phase d’homologation du maillot auprès des instances nationales et internationales. Il est prévu d’aller passer des tests avec l’équipe féminine de Blagnac prochainement et encore avec l’équipe de Pro D2 de Béziers. Mon envie de transmettre est intacte, et je suis persuadé que l’on peut changer les mentalités. C’est une histoire de santé, de morale et d’amélioration pour notre rugby. » Diego, le Géo Trouvetou de Béziers est libre dans sa tête, et ses convictions n’attendent plus qu’à éclore auprès des décideurs.

Ce post a été choisi par toute l’équipe unar.fr en ligne parce que ce dernier figurait dans les interfaces d’un blog consacré au thème « Arbitres de Rugby ». unar.fr est une plateforme d’information qui compile de multiples journaux publiés sur le net dont la thématique principale est « Arbitres de Rugby ». Ce post est rendu de la façon la plus complète qui soit. Si vous souhaitez apporter quelques explications concernant le sujet « Arbitres de Rugby », vous êtes libre de discuter avec notre rédaction. Sous peu, on lancera d’autres renseignements pertinents autour du sujet « Arbitres de Rugby ». Cela dit, visitez de façon régulière notre site.