
La frustration d’une défaite frôle parfois la colère à l’encontre du corps arbitral. Dimanche 6 octobre, c’est l’attitude des Toulonnais qui a fait polémique. À l’issue d’une rencontre tendue entre Clermont et Toulon (19-18), la colère du manager du RCT, Pierre Mignoni, a été suivie par les mots de Dany Priso, pilier du club varois : « C’était un spectacle ce soir. Un sketch. On est arbitrés… Je ne sais même pas quoi dire… »
Au rugby, et dans d’autres sports, les contestations autour de l’arbitrage ne sont pas nouvelles, elles font presque partie intégrante de la discipline. Mais, quand elles atteignent ce niveau de colère, aussi de jeu (ici en Top 14), elles vont à l’encontre « du travail d’échange et d’amélioration que nous menons avec l’ensemble des entraîneurs et nuisent au travail de développement de l’arbitrage ». Par écrit Romain Poite et Mathieu Raynal, tous les deux à la tête de la cellule de haute performance de l’arbitrage français, ont décidé de répondre à ce comportement.
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« C’est un sketch » ???
Les mots très forts du pilier toulonnais Dany Priso sur l’arbitrage à l’issue de Clermont / Toulon ??#Top14 | #ASMRCT pic.twitter.com/Ose2ZozuRi
— CANAL+ Rugby (@CanalplusRugby) October 6, 2024
Une plateforme réservée pour les décisions contestées
Mais sur le moment, lorsque la colère était au plus haut, quelle était la solution ? Que fallait-il faire pour clarifier la ou les décisions arbitrales contestées ? Une hypothèse veut que l’arbitre de ce match, Adrien Marbot, prenne rapidement la parole d’une manière ou d’une autre : devant le club, la presse, dans une vidéo de la Ligue… Mais pour son collègue, Pierre Brousset, qui a arbitré cette même équipe de Toulon, une semaine plus tard face au Racing 92, ce n’est pas la bonne solution. « Ça restera une réaction à chaud. On aura les mêmes sensations que le direct, des réponses spontanées identiques, admet l’arbitre international français. On n’aura pas tous les éléments, la capacité de redescendre et d’analyser de manière réfléchie. »
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Il veut se laisser du temps, au moins deux ou trois jours pour ouvrir la discussion. Sur une plateforme internet réservée à cette pratique, les clubs peuvent envoyer des clips vidéos sur des décisions arbitrales contestées. « Le protocole veut qu’ils aient un nombre maximal de vidéos, détaille Pierre Brousset. On peut ensuite réagir, donner nos arguments ou admettre notre erreur, directement sur la plateforme. »
Dans certains cas, ces confrontations poussent à la discussion en visio-conférence. Une fois les tensions apaisées, au moins partiellement, les deux camps en sortent souvent grandis. « On doit se servir de ces éléments pour progresser. On a besoin de l’expertise des clubs, de voir des situations concrètes, poursuit l’officiel en Top 14, depuis 2014. Eux aussi, ils ont besoin de nous à propos du règlement, ses particularités et ses limites. Si on travaille tous ensemble, le grand gagnant sera notre sport. » Dans ce sens, la Section paloise s’est entourée de Jérôme Garcès, ancien officiel international, en tant que consultant arbitrage. Il occupe déjà ce rôle, depuis 2021, au sein du staff du XV de France.
« On a un rythme de sportifs de haut niveau »
Comparé aux autres sports, l’arbitrage au rugby, notamment avec ses micros ouverts, a une belle avance. Mais au vu de certaines situations, il paraît pouvoir mieux faire. Pierre Brousset donne quelques pistes de réflexion pour supprimer ces incompréhensions et mauvais comportements. « Déjà, il faut plus communiquer autour de l’arbitre. Il n’est pas seulement une personne qui prend son sifflet et ses crampons le dimanche matin. Il y a un réel travail de fond au cours de la semaine , lance-t-il. On a un rythme de sportifs de haut niveau avec une grosse préparation physique et mentale, de la récupération, du travail technique… Il faut montrer la vie intérieure de l’arbitre. »
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C’est chose faite récemment avec plusieurs reportages dans leur quotidien, et notamment un long documentaire de World Rugby, Whistleblowers , qui éclaire sur les pressions et les émotions subies par ces arbitres. « Et avec les deux nouveaux managers en charge de l’arbitrage (Romain Poite et Mathieu Raynal) , j’ai hâte de voir comment on va communiquer sur les complexités des règles, les phases de jeu qui peuvent faire du bruit… auprès du grand public. Il faut montrer la difficulté des prises de décisions, montrer qu’on n’est pas des machines. »
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