
Le Rieumois (36 ans) a le vent en poupe alors qu’il vient d’officier pour la première fois lors d’un match du Tournoi et sur une demi-finale de Champions Cup. De là à imaginer s’offrir une première finale ? Lui n’en fait pas une fixette.
Se trompe-t-on en disant que vous réalisez la meilleure saison de votre carrière ?
La meilleure, si on ne parle que des performances, je ne sais pas parce qu’il y a toujours des matchs plus ou moins aboutis. Par contre, en termes de désignations, oui avec cette demi-finale de Champions Cup et ce match au VI Nations serré. Je pense que c’est juste une continuité en fait. J’ai plus d’expérience, un nouveau statut avec l’arrêt de Mathieu Raynal et tout ça cumulé fait que tu as des désignations qui sont différentes aussi.
Y a-t-il une pression supplémentaire d’être le ou l’un des chefs de file de l’arbitrage français ?
Personnellement, non. Je pense que ça se fait de façon naturelle. J’essaie de ne rien changer, d’être tout simplement moi-même, d’arbitrer avec mes convictions, mes forces, mes faiblesses, de les améliorer. Le statut, franchement, j’y attache peu d’importance. Ce qui compte, c’est le terrain, les décisions que je prends et les performances qui en découlent, tout simplement.
En quoi estimez-vous avoir passé un cap ?
Je pense que mon arbitrage a plus de maturité, un peu plus de consistance sur les moments clés. Avec le temps, on dégage tout simplement un peu plus d’expérience et tout ça se ressent sur les performances bien entendu. Je pense qu’au fil des matchs, les certitudes se renforcent. Les désignations viennent aussi renforcer ces aptitudes parce qu’on est désigné sur des belles rencontres comme c’est le cas cette année, ça rajoute bien sûr de la confiance. Et quand on est en confiance, la performance est forcément plus facile à atteindre.
Avec du recul, que retenez-vous du match du Tournoi à Twickenham entre l’Angleterre et l’Écosse (16-15) ?
(Il hésite) Je le synthétiserais en deux, trois points. Je dirais une belle première mi-temps avec un scénario de match qui fait qu’il faut être présent dès le début, avec des essais et une prise du score rapides. Un match où je pense que j’étais en contrôle, dans mon élément. Je ne me suis pas senti dépassé par le rythme ou quoi que ce soit donc je suis très heureux de ce côté-là. Et en termes d’apprentissage, la gestion de deux trois moments clés qui créent des polémiques fait partie de l’expérience et du chemin de ma carrière. Cela me servira pour le futur. J’ai des légers regrets là-dessus mais j’ai envie de dire que si je ne m’étais peut-être pas planté là, peut-être que je me serais planté un autre moment. Et forcément, ces moments-là vont me servir pour la suite.
De quels moments parlez-vous ?
Celui qu’on retient tous, l’éternel débat sur l’essai ou pas essai des Anglais sans appel vidéo. Moi, je perçois un grounding (toucher en-but, NDLR) mais le replay qui passe n’en montre pas forcément un. Et à la fin du match, je fais une claire erreur quand je décale le botteur de deux mètres sur une transformation. J’étais persuadé d’être au bon endroit sauf qu’il était bien placé et il loupe la transformation qui passe au ras du poteau. Est-ce que c’est un manque de lucidité ou juste un simple hasard ? Mon retour n’a pas été précis, peut-être avec la fatigue. On ne sait pas si ça serait passé quand même mais cela fait partie d’un élément à gérer de façon plus optimale pour éviter toute frustration de l’équipe qui se sent lésée.
En quoi ce match-là vous a-t-il servi à l’Aviva Stadium en demi-finale de Champions Cup entre le Leinster et Northampton (34-37) ?
C’était la première fois que j’arbitrais devant autant de personnes mais les grands stades, on commence à les connaître, ce n’est pas un truc qui me travaille. Tout le monde à la fin du match m’a dit : « Ah, c’était pas mal l’ambiance. » Mais en fait, je ne m’en suis même pas rendu compte. J’étais dans ma bulle, dans mon process, dans mes chemins, dans tout ce que je devais faire. Après, ce match m’a servi pour être plus carré avec mes process dans les moments clés, pour prendre plus de hauteur sur ces moments importants du match. Et je pense que c’est ce qui a permis de gérer les gros moments de cette demi-finale, notamment la dernière action.
\ud83d\udca5 \ud83c\udfc9 Pierre Brousset : l’arbitre international \ud83c\uddeb\ud83c\uddf7 prêt à vivre l’un des plus grands événements du rugby mondial : le Tournoi des 6 Nations ! \ud83d\ude4c Quelle préparation ? Quelle pression et quel stress ? il nous répond en toute franchise.
Pour le jeu, toi aussi, passe en mode arbitre… pic.twitter.com/fiPM98aojl— Tous Arbitres (@TousArbitres) January 27, 2025
Lorsque vous refusez un essai au Leinster. Qu’est-ce qui se passe dans votre tête à ce moment-là ?
Le cas est complexe mais en soi, je ne me suis jamais senti en difficulté pour l’analyser parce qu’on a pris le temps. La seule chose qui se passe dans ma tête, c’est que je sais que cette décision va potentiellement décider de l’équipe qui va en finale. Donc il faut que je sois précis à 100 %. C’est une décision qui peut être interprétée de différentes façons. À partir de là, il faut que je sois précis avec toutes les images qui se proposent à moi et ne rien occulter. Je pense que le travail d’équipe a été performant là-dessus parce qu’on a eu de bons échanges, on a pris le temps, on est restés calme et on a bien déroulé la chronologie de la situation.
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Comment gère-t-on la pression dans un stade qui peut être contre soi ? Est-ce facile de rester calme ?
Il faut se raccrocher aux choses qu’on maîtrise : la règle et notre travail d’équipe. Si on se concentre sur ces choses-là avec nos convictions, tout ce qui se passe autour, on l’occulte parce que c’est parasite. C’est pour ça qu’il faut arriver à se recentrer sur soi-même, sur son travail d’équipe et ce que tu fais de mieux au quotidien. Après, c’est toujours pareil, c’est en pratiquant qu’on y arrive de mieux en mieux. C’est en se trompant aussi qu’on progresse sur ces choses-là. Et force est de constater, en tout cas sur ce match-là, que les erreurs du passé ont peut-être porté leurs fruits, tout simplement.
Comment envisagez-vous la suite ? Le fait d’arbitrer une finale vous trotte-t-il dans la tête ? On imagine que c’est un objectif.
Un objectif, oui. A court, moyen ou long terme, je ne saurais pas le dire. En fait, je ne cours pas après ça. Il y a tellement de matchs, tellement d’opportunités, tellement de scénarios dans une saison que tout peut arriver. Moi, ce qui m’importe, c’est d’être performant à tous les matchs. Et après, si le Graal d’une finale doit arriver, parce que j’ai la confiance de la cellule qui nous gère, ce sera avec grand plaisir. Je ne vais pas sur les matchs tous les week-ends pour me dire que je veux aller à la finale. Ce serait se tromper d’objectif. On se focalise match après match. Après, bien entendu, on est tous des compétiteurs et on rêve de phases finales, des meilleurs matchs possibles. Les choix seront faits en fonction des performances ou des divers paramètres.
En attendant les tests d’été ?
Oui, je serai sur Australie-Fidji (le 6 juillet) et après sur les Lions Britanniques lors des matchs de semaine. Contre les Brumbies (9 juillet) et je ferai la touche lors de Lions Australia et New Zeland Invitational. Et j’attends la confirmation des désignations pour le Championship qui ne devrait plus tarder.
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