
Arbitrage. Jean-Louis Daniel a arbitré son dernier match ce samedi à Saint-Assiscle en officiant au centre lors du 1/4 de finale de championnat U15 entre le XIII Catalan et Ille. Clap de fin de l’un des meilleurs arbitres français.Ce samedi, il a tenu à rendre hommage au correspondant de l’Indépendant Philippe Carvalhais, disparu mercredi dernier, en faisant respecter une minute de silence avant la rencontre.
Jean-Louis Daniel a décidé de remiser le sifflet au placard des souvenirs. À 65 ans il laisse derrière lui une trace indélébile, une gestuelle particulière, avec le désir d’être compris, le désir d’être honnête, dans l’instant décisif qui coordonne le fait de voir la faute et de déclencher le sifflet.
Il siffle la fin du match à un âge avancé ou d’aucuns ont choisi de pantoufler. « J’ai arrêté de jouer à 38 ans et dans l’arbitrage c’est pareil, je suis allé au bout, 65 ans. Je suis un jusqu’au-boutiste. Dans mon travail c’est pareil, je vais jusqu’à 67 ans. En plus je fais ce qui me plaît. J’encadre des jeunes déficients de l’Esat Charles de Menditte à Bompas. Ce sont des gens qui t’amènent beaucoup, qui ont beaucoup de valeurs. Ce sont des adultes naïfs, ils ne connaissent pas le mal. Ils te le rendent cent fois plus. C’est gens là, à côté d’eux je ne suis rien ».
Après avoir usé les crampons sous les couleurs du XIII Catalan, Limoux, Rivesaltes, Palau, Claira ; Saint-Estève, Salses, il décide en 1998 de devenir arbitre. « C’est Jean-Claude Sire qui était au Comité du Roussillon qui m’a poussé vers l’arbitrage. De là j’ai connu Claude Alba qui était président de la commission d’arbitrage, associé à Arnaud Capsié et de fil en aiguille j’ai fait mes premières touches avec Claude Alba. Après on a fonctionné en binôme avec Arnaud Capsié. Ça a été une vocation qui était peut-être enterrée en moi. C’était le fait d’être sur le terrain, prendre du plaisir, être un chef d’orchestre discret. Pas forcément siffler des fautes. On est là aussi pour animer le jeu. Moins on te voit, mieux c’est. Quand tu commences à trop siffler ce n’est pas bon. Il faut savoir trier, mais dans le tri il faut être cohérent. Ce que tu siffles pour les uns, il faut le siffler pour les autres. C’est le rôle de l’arbitre. C’est toi qui dois donner l’impulsion ».
J’arrive à la maison, coups de téléphone, menaces : on va te tuer
Dans les meilleurs jours comme dans les pires Jean-Louis Daniel garde quelques souvenirs ancrés dans son esprit. « Mon meilleur souvenir c’est une demi-finale junior Lézignan-Villeneuve. Villeneuve était le 6e qualifié et Lézignan 2e, et Lézignan a dû vendre chèrement sa peau pour vaincre les Léopards. Ce match était engagé, plein de vie. Le Moulin était plein. Tu ne peux que te régaler. Mon plus mauvais souvenir c’est un quart de finale Sauveterre-Agip, à Toulouse : bagarre générale juste avant la mi-temps.
C’est Sauveterre qui mène. On rentre aux vestiaires. Le délégué me dit, on ne reprend pas. Ça avait été un capharnaüm. Ça tombait de partout sur le terrain et en tribune. On décide de ne pas reprendre. Quand le délégué a communiqué qu’on ne reprendrait pas, bagarre dans les tribunes. Les gendarmes ont dû me ramener au péage et chance que j’avais le père d’Arnaud Capsié qui était venu avec moi, qui a pris la voiture et m’a suivi jusqu’au péage. Quand j’arrive à la maison, protestations, coups de téléphone de l’Agip, menaces : on va te tuer ».
Le doute aurait pu s’installer. « Ça n’a pas remis en question ma passion. J’avais l’envie, le plaisir. Ils ne m’ont pas dégoûté au contraire. Je me suis jamais dit je vais arrêter. C’est un plaisir d’abord et après une passion ».
Une passion qui le guide toujours à la présidence de la commission d’arbitrage du Comité du Pays Catalan. « Je dis aux jeunes ne soyez pas pressés. Ici au comité on a des jeunes qui sont pas mal comme Alexis Cau, Mathieu Roca, Romain Pares, Aurélien Torreilles et j’en passe. Je leur dis, mangez votre pain noir ensuite vous mangerez votre pain blanc. Ils sont pressés. Après ils ont des qualités. Dans ce rôle j’aime le côté humain et transmettre le savoir-faire. Ma ligne directrice c’est la rigueur. C’est vrai que je les emmerde souvent. Avec Franck Humbert on forme un excellent binôme. Lui plus sur le côté technique, moi j’assure le côté relationnel, communication. Comme je leur dis : il faut être soudés. Il faut dire les choses avec parcimonie, avec philosophie ».
Jean-Louis Daniel va encore aller jusqu’au bout de son mandat, déterminé, comme dans ce qu’a été sa vie de joueur et d’arbitre. Respect.
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